Affaire des « biens mal acquis » : le PNF demande un procès contre BNP Paribas et des proches du clan Bongo

par la rédaction
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En France, le volet gabonais de l’affaire des « biens mal acquis » connaît un nouveau tournant judiciaire. Selon un réquisitoire consulté par le média d’investigation Mediapart, le Parquet national financier (PNF) demande le renvoi de BNP Paribas devant le tribunal correctionnel pour blanchiment aggravé, estimant que la banque aurait participé à la dissimulation de fonds publics présumés détournés au profit du clan de l’ancien président gabonais Omar Bongo.

Le parquet demande également le renvoi de treize membres de la famille Bongo et de leur entourage pour des faits présumés de recel de détournement de fonds publics et de corruption, dans le cadre d’une enquête ouverte il y a près de vingt ans.

Au cœur du dossier figurent des acquisitions immobilières réalisées en France pour un montant d’au moins 35 millions d’euros. Le PNF considère que, compte tenu du nombre de manquements relevés, la banque ne pouvait ignorer l’origine potentiellement frauduleuse des fonds ayant transité par ses comptes.

L’enquête met notamment en cause la société Atelier 74, présentée comme un intermédiaire financier du clan Bongo. Selon le parquet, près de 30 millions d’euros auraient été déposés en espèces au Gabon avant d’être transférés vers la France pour financer des achats immobiliers.

Le PNF reproche également à BNP Paribas de ne pas avoir procédé à des déclarations de soupçon, malgré plusieurs alertes internes sur l’origine des fonds. La banque a reconnu des insuffisances dans ses dispositifs de contrôle, tout en contestant toute intention frauduleuse.

Plusieurs intermédiaires français – un avocat, un notaire et la dirigeante d’une agence immobilière – sont aussi visés par les réquisitions pour avoir, selon le parquet, contribué à masquer l’origine des fonds et l’identité des bénéficiaires effectifs.

Parmi les personnes citées figurent notamment Pascaline Bongo ainsi que l’ancienne Miss France Sonia Rolland, qui aurait bénéficié d’un appartement évalué à 800 000 euros.

Ces réquisitions ne valent toutefois pas procès. Il appartient désormais aux juges d’instruction de décider s’ils ordonnent ou non le renvoi de la banque, des sociétés et des personnes concernées devant le tribunal correctionnel.

RPM

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