Le Groupe d’Action Financière (GAFI) a annoncé, dans un communiqué publié le 13 février 2026, l’actualisation de sa liste des juridictions placées sous surveillance renforcée communément appelée « liste grise » ainsi que de sa liste noire. Cette nouvelle mise à jour enregistre peu d’évolutions majeures : deux pays, le Koweït et la Papouasie–Nouvelle-Guinée, font leur entrée sur la liste grise, tandis qu’aucune juridiction n’en sort lors de cette session. Si le Burkina Faso, le Nigéria, l’Afrique du Sud et le Mozambique avaient quitté la liste lors de la précédente actualisation, dix pays africains, dont la Côte d’Ivoire, le Cameroun, la République Démocratique du Congo (RDC) et l’Algérie, devront encore patienter. Ces États sont appelés à poursuivre le renforcement de leurs dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme afin de lever les réserves émises par l’instance internationale de surveillance.
Le retour du Koweït sous surveillance renforcée
Le Koweït réintègre la liste grise après avoir déjà fait l’objet d’une surveillance en 2015. Malgré des progrès salués à l’issue de son évaluation mutuelle de juin 2024 notamment l’adoption d’une nouvelle stratégie nationale et une amélioration de la conformité technique, en particulier sur les sanctions financières ciblées plusieurs insuffisances persistent. Le GAFI souligne notamment le faible nombre de déclarations de soupçon, surtout chez les agents immobiliers et les professions non financières désignées, l’absence d’indicateurs sectoriels efficaces en matière de risques de blanchiment et de financement du terrorisme, ainsi que la fiabilité limitée du registre des bénéficiaires effectifs. L’organisation pointe également des sanctions jugées peu dissuasives et des enquêtes encore limitées concernant les mouvements transfrontaliers d’espèces et certaines infractions financières.
Une entrée préoccupante pour la Papouasie–Nouvelle-Guinée
La Papouasie–Nouvelle-Guinée rejoint également la liste grise, son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération (LBC/FT/FP) étant considéré comme encore immature. À la suite de son évaluation mutuelle de septembre 2024, le GAFI a identifié des lacunes structurelles importantes : une compréhension insuffisante des risques nationaux de blanchiment, une coopération internationale limitée pour la traçabilité des avoirs à l’étranger et une supervision des banques, des opérateurs de transfert de fonds et des entreprises et professions non financières désignées (EP NFD) insuffisamment fondée sur une approche par les risques. L’organisation relève également un nombre trop faible d’enquêtes pour blanchiment et de confiscations, ainsi que des déficiences techniques majeures, notamment en matière de PPE (personne politiquement exposée), de sanctions financières ciblées et de déclarations de soupçon.
Des sorties africaines possibles à l’horizon
Malgré ce statu quo global, une perspective encourageante se dessine pour certains pays africains. Le GAFI indique que l’Algérie et la Namibie ont « substantiellement complété » leurs plans d’action respectifs. Des visites sur site sont désormais prévues afin de vérifier l’effectivité des mesures mises en œuvre. Si ces évaluations s’avèrent concluantes, une sortie de la liste grise pourrait être envisagée dès la prochaine plénière prévue en juin 2026.