Gabon : Édith Laure Oyaya-Mbiguidi prend la tête d’une DGI sous pression budgétaire

par la rédaction
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Le Conseil des ministres du 23 mai 2026 a validé la nomination d’Édith Laure Oyaya-Mbiguidi au poste de directrice générale des Impôts du Gabon. Elle devient ainsi la première femme à diriger cette administration depuis sa création.

Cette nomination intervient dans un contexte économique marqué par un recul des recettes publiques et une révision des prévisions budgétaires de l’État gabonais.

Le projet de loi de finances rectificative 2026 ramène en effet les recettes budgétaires nettes à 2 928,2 milliards de FCFA contre 3 808 milliards prévus initialement, soit une diminution de 880 milliards de FCFA. Dans le même temps, les prévisions de croissance économique ont été abaissées à 4 %, contre 6,5 % annoncés en début d’année.

La nouvelle directrice générale des Impôts prend ainsi la tête d’une administration appelée à maintenir la dynamique de mobilisation des recettes non pétrolières dans un environnement budgétaire plus contraint.

La loi de finances initiale 2026 tablait pourtant sur des recettes fiscales de 2 404 milliards de FCFA, avec une progression attendue de 30 % par rapport à l’exercice précédent.

Malgré les tensions actuelles, la DGI gabonaise affiche ces dernières années des résultats en progression. Entre 2021 et 2023, les recettes fiscales hors pétrole sont passées de 744 milliards à 1 002 milliards de FCFA, soit une hausse de 34,7 %, dépassant les objectifs fixés dans le Plan stratégique 2021-2023.

Le nouveau plan stratégique couvrant la période 2025-2027 prévoit désormais d’atteindre 1 246 milliards de FCFA de recettes fiscales en 2026 puis 1 350 milliards en 2027.

Pour soutenir cette dynamique, l’administration fiscale s’appuie notamment sur la digitalisation progressive des procédures. Lancée en avril 2024, la plateforme Digitax occupe désormais une place centrale dans le dispositif fiscal gabonais.

Selon le rapport annuel 2024 de la DGI, environ 80 % des recettes fiscales transitent désormais par cette plateforme de dématérialisation, réduisant progressivement les paiements physiques en numéraire ou par chèque.

Parallèlement, plusieurs réformes fiscales ont été introduites dans la loi de finances 2026, notamment l’élargissement de l’assiette de la TVA, la réforme de la contribution foncière unique, la taxation des logiciels importés ou téléchargés ainsi que la mise en place d’une taxe environnementale.

L’un des principaux défis de la nouvelle direction concerne toutefois l’intégration progressive du secteur informel dans le système fiscal. Ce secteur représenterait entre 40 % et 50 % du produit intérieur brut gabonais.

Les autorités considèrent son intégration, notamment à travers les outils numériques, comme un levier important pour élargir durablement les ressources propres de l’État.

Édith Laure Oyaya-Mbiguidi hérite ainsi d’une administration engagée dans un processus de modernisation, mais confrontée à des contraintes budgétaires croissantes. Sa mission consistera notamment à renforcer le rendement fiscal tout en préservant l’équilibre d’un tissu économique encore fragilisé par les tensions économiques récentes.

RPM

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