Le gouvernement nigérien a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de son administration. Réuni en Conseil des ministres le 22 avril 2026, l’exécutif a adopté une série de textes visant à renforcer le cadre juridique et institutionnel de l’état civil, de la nationalité et de l’identification des personnes physiques.
Selon les informations relayées par l’Agence nigérienne de presse, ces réformes s’inscrivent dans une volonté d’améliorer la fiabilité des registres nationaux, de simplifier l’accès aux documents administratifs et d’adapter les dispositifs existants aux exigences du numérique.
Parmi les mesures phares figure un projet d’ordonnance portant régime de l’état civil. Le texte entend corriger les insuffisances du système actuel et consolider la gestion des registres nationaux de l’état civil et de la population. L’objectif affiché est de garantir à chaque citoyen une identité juridique unique et sécurisée, intégrant notamment des données biométriques.
Le secteur avait déjà connu une importante restructuration avec la loi du 1er juillet 2019, qui a permis le déploiement du registre national informatisé de l’état civil. Ce dispositif est aujourd’hui opérationnel dans 102 communes, avec une extension progressive annoncée sur le reste du territoire.
Mais après plusieurs années de mise en œuvre, les autorités ont identifié plusieurs limites : manque de clarté dans la gestion des registres, insuffisante intégration de certains paramètres biométriques, absence de prise en compte du numéro d’identifiant unique, ainsi que des lacunes liées à la délivrance électronique des actes et à l’usage de la signature électronique.
Le gouvernement entend également répondre aux difficultés rencontrées par les Nigériens établis à l’étranger, aux contraintes observées lors des déclarations de naissance pendant les campagnes de vaccination, ainsi qu’à plusieurs zones grises d’ordre technique et administratif.
Dans cette dynamique, le Conseil des ministres a validé la création de l’Agence Nationale de l’Enregistrement et de l’Identification des Personnes Physiques (ANEI). Placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, cette nouvelle structure aura pour mission de piloter la politique nationale d’enregistrement biométrique et d’identification sur l’ensemble du territoire.
L’exécutif a par ailleurs adopté une réforme du Code de la nationalité nigérienne afin de faciliter l’accès au certificat de nationalité. Jusqu’ici réservé au président du tribunal de grande instance, ce pouvoir sera désormais élargi aux présidents des tribunaux d’instance et des tribunaux d’arrondissements communaux.
À travers cette mesure, les autorités cherchent à rapprocher la justice des citoyens, à réduire les délais de traitement et à limiter les difficultés liées à l’éloignement géographique ou à l’encombrement des juridictions.
Avec ces nouvelles dispositions, le Niger mise sur la transformation de ses services administratifs comme levier de gouvernance, d’inclusion et d’efficacité publique.