Nouvelle carte du monde : le Togo en première ligne pour corriger les distorsions sur l’Afrique

par la rédaction
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L’Afrique veut redessiner sa place sur la carte du monde. Selon des informations rapportées par l’Agence ivoirienne de presse (AIP), l’Union africaine a confié au Togo la mission de défendre, lors de la prochaine Assemblée générale des Nations unies en septembre, une résolution en faveur d’une représentation cartographique plus fidèle des continents et des pays.

Au cœur de cette initiative figure la volonté de remettre en cause la projection Mercator, largement utilisée depuis le XVIe siècle. Si cette carte demeure une référence pour la navigation, elle est régulièrement critiquée pour les importantes distorsions qu’elle induit sur les superficies, notamment au détriment de l’Afrique.

Avec plus de 30 millions de km², le continent africain est pourtant treize à quatorze fois plus vaste que le Groenland. Sur de nombreuses cartes, les deux espaces apparaissent cependant presque de taille équivalente. Une représentation jugée trompeuse par de nombreux chercheurs, éducateurs et mouvements citoyens.

Pour corriger cette lecture du monde, l’Union africaine soutient la campagne « Correct the Map » et entend promouvoir la projection « Equal Earth », considérée comme plus respectueuse des proportions réelles des territoires. Le Togo a été désigné pour porter cette proposition devant les États membres de l’ONU.

Au-delà de la dimension scientifique, Lomé inscrit cette démarche dans une réflexion plus large sur la place du continent dans les récits mondiaux. Pour les autorités togolaises, il s’agit aussi d’un enjeu symbolique et historique, visant à rompre avec une vision héritée de l’époque coloniale où l’Afrique apparaissait comme une périphérie de l’Europe.

Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, avait déjà plaidé en ce sens à la tribune des Nations unies en appelant à « décoloniser la géographie ». Selon lui, une nouvelle carte offrirait aux jeunes générations africaines une perception plus juste du rôle du continent dans l’histoire universelle et de son poids réel dans le monde contemporain.

Le responsable togolais estime également qu’une représentation plus fidèle de l’Afrique contribuerait à renforcer la qualité du dialogue avec les partenaires internationaux, en valorisant davantage les ressources, les échanges et la contribution stratégique du continent à l’économie mondiale.

Le vote attendu en septembre revêtira ainsi une portée qui dépasse largement la cartographie. Il mettra en lumière les positions diplomatiques des États sur une question mêlant science, mémoire historique et reconfiguration des rapports symboliques entre continents.

Pour Lomé, la démarche ne relève ni de la confrontation ni de la polémique, mais d’une exigence de vérité scientifique et de reconnaissance historique. Reste désormais à savoir si cette volonté de rééquilibrer la représentation du monde trouvera un écho favorable au sein des Nations unies.

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