En 2025, Proparco affiche un recul notable de ses financements en Afrique, dans un contexte de réajustement global des bailleurs institutionnels. Malgré cette contraction, l’institution française réaffirme la place du continent dans sa stratégie d’intervention.
Proparco, bras financier de l’Agence française de développement dédié au secteur privé, enregistre une baisse significative de ses engagements en Afrique. Selon un communiqué publié le 23 avril 2026, l’institution a signé pour 924 millions d’euros de projets africains en 2025, contre 1,3 milliard d’euros l’année précédente, soit une diminution d’environ 29 %. Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large observée chez les bailleurs de fonds institutionnels.
Au niveau global, les engagements de Proparco suivent la même orientation, passant de 2,8 milliards d’euros en 2024 à 2,5 milliards en 2025. Dans ce contexte, la part de l’Afrique dans le portefeuille total recule à 37 %, contre 47 % un an plus tôt et 52 % en 2023.
Malgré cette contraction, l’institution maintient son positionnement stratégique sur le continent. « L’Afrique demeure au cœur de la stratégie de Proparco et constitue sa première géographie d’intervention », indique le communiqué. Entre 2022 et 2025, plus de 4,6 milliards d’euros ont été engagés en Afrique, traduisant une continuité dans les priorités d’investissement.
La structure des financements révèle une répartition diversifiée, dominée par les prêts (47 %), suivis des fonds propres (20 %) et du financement du commerce (20 %). Cette configuration reflète la volonté de soutenir différents segments du secteur privé africain.
Un contexte économique et diplomatique en mutation
Ce repli intervient dans un environnement où la France cherche à consolider sa présence économique en Afrique. Si les exportations françaises vers le continent ont atteint 32,3 milliards de dollars en 2025, en progression de 5,4 % sur un an, la part de l’Afrique dans le commerce extérieur français reste stable, autour de 4,8 %.
La répartition géographique des échanges met en évidence une forte concentration, avec le Maroc représentant à lui seul 26 % des flux, suivi de l’Algérie, dont les échanges enregistrent un recul de 7,9 % sur fond de tensions diplomatiques.
Sylvestre Tchomakou