La Loterie nationale du Bénin (LNB) a clôturé l’exercice 2025 sur une baisse sensible de sa rentabilité, dans un contexte marqué par la progression des activités illégales de jeux et la transformation de son portefeuille d’activités. Selon les états financiers audités de l’entreprise, le bénéfice net ressort à 4,62 milliards FCFA, contre 7,17 milliards FCFA en 2024, soit un recul de 36 %.
Cette baisse intervient alors que le chiffre d’affaires de la société est resté relativement stable. Il s’est établi à 98,6 milliards FCFA en 2025, contre 102,54 milliards FCFA un an plus tôt, soit une contraction limitée de 4 %.
Dans son rapport financier, la direction de la Loterie nationale du Bénin met en cause la montée des opérateurs illégaux, notamment les plateformes de paris sportifs non agréées et les réseaux clandestins de machines à sous présents sur le territoire national. Selon l’entreprise, ces acteurs échappent aux obligations fiscales et réglementaires imposées aux opérateurs agréés, leur permettant de proposer des gains plus élevés aux joueurs.
La société souligne notamment que ces plateformes illégales ne respectent pas le plafond réglementaire de redistribution fixé à 85 %, ce qui accentue la pression concurrentielle sur les opérateurs officiels. La LNB indique avoir identifié plus d’une dizaine de sites illégaux de paris sportifs en ligne au cours du troisième trimestre 2025 et procédé à la fermeture de plusieurs plateformes clandestines.
Au-delà de cette concurrence parallèle, l’entreprise fait également face à une transformation progressive de son modèle économique. Les paris sportifs en ligne prennent désormais une place croissante dans l’activité, au détriment des jeux traditionnels jugés plus rentables.
Le chiffre d’affaires des jeux en ligne a progressé de 18 % en 2025 pour atteindre 67,5 milliards FCFA, représentant désormais près de 68,4 % des revenus globaux de la société. Cette évolution modifie toutefois la structure des marges. Contrairement au « Loto 5/90 », considéré comme le principal moteur de rentabilité de la société, les paris sportifs nécessitent des taux de redistribution beaucoup plus élevés.
La tendance s’est poursuivie au premier trimestre 2026. Le chiffre d’affaires du pari sportif en ligne a progressé de 28 % à 2,7 milliards FCFA, avec un taux de retour aux joueurs atteignant 95 %. Dans le même temps, le « Loto 5/90 » a enregistré un recul de 15 % de son chiffre d’affaires.
L’entreprise explique également la baisse du bénéfice net par la forte diminution des produits exceptionnels. Ceux-ci sont passés de plus de 3,1 milliards FCFA en 2024 à seulement 158 millions FCFA en 2025, pesant directement sur le résultat final de l’exercice.
Malgré cette contraction de la rentabilité, plusieurs indicateurs opérationnels demeurent orientés à la hausse. La valeur ajoutée a progressé de 22 % pour atteindre 10,55 milliards FCFA. L’excédent brut d’exploitation a augmenté de 34 % à 7,16 milliards FCFA, tandis que le résultat d’exploitation s’est établi à 6,37 milliards FCFA, en progression de 40 %.
La structure financière de l’entreprise reste également solide. Les capitaux propres atteignent près de 22 milliards FCFA pour un total bilan de 32,6 milliards FCFA. La trésorerie active a progressé à près de 8 milliards FCFA, contre 5,7 milliards FCFA un an auparavant.
Le conseil d’administration prévoit par ailleurs de maintenir une politique de distribution attractive à l’endroit des actionnaires, avec une proposition de redistribution d’environ 80 % du résultat net de l’exercice 2025.
Sur le marché financier régional, l’action de la Loterie nationale du Bénin continue toutefois d’évoluer en dessous de son prix d’introduction à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM). Introduit à 4 800 FCFA en décembre 2024, le titre se négociait autour de 3 865 FCFA en mai 2026, soit une décote proche de 19 % par rapport à son prix d’introduction.
Pour la LNB, cette phase de transition reste conjoncturelle. La direction mise sur l’introduction de nouveaux produits de loterie et sur la poursuite des efforts de maîtrise des charges afin d’améliorer progressivement la rentabilité au cours des prochains exercices.
RPM