La transformation numérique engagée par la Direction générale des impôts (DGI) continue de modifier en profondeur le paysage fiscal béninois. Dans son rapport d’activités 2025, l’administration fiscale affiche des résultats en nette progression, avec 1 348,31 milliards FCFA de recettes brutes mobilisées, soit un taux de réalisation de 102,84 % des objectifs fixés.
En l’espace de dix ans, les recettes fiscales intérieures ont plus que triplé. Elles sont passées de 381,06 milliards FCFA en 2016 à plus de 1 348 milliards FCFA en 2025, représentant une hausse globale de 253,83 %. Cette évolution correspond à une progression annuelle moyenne estimée à 15,4 %.
Cette dynamique est principalement soutenue par l’accélération des réformes numériques mises en œuvre au sein de l’administration fiscale. Le dépôt électronique des déclarations fiscales est désormais généralisé pour plusieurs impôts majeurs, notamment l’Impôt sur les sociétés (IS), l’Impôt sur les bénéfices d’affaires (IBA), la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA), les droits d’accise intérieurs ainsi que l’Impôt sur les traitements et salaires (ITS).
Les paiements électroniques poursuivent également leur progression avec des taux dépassant 96 % pour la majorité de ces taxes. La DGI a parallèlement étendu les services numériques aux centres des impôts des petites entreprises d’Abomey-Calavi, Porto-Novo et Parakou. L’administration a aussi finalisé la dématérialisation des procédures d’enregistrement des actes administratifs et fiscaux.
Selon le directeur général des Impôts, Nicolas Yénoussi, cette modernisation vise à simplifier les démarches administratives et à placer les contribuables au cœur des réformes à travers l’élargissement des téléprocédures.
Les résultats de l’enquête de perception de l’intégrité 2025 montrent d’ailleurs une amélioration de la confiance des usagers envers l’administration fiscale. Près de 95,8 % des entreprises considèrent désormais la DGI comme une institution intègre, contre 92,1 % en 2023. Chez les particuliers, ce taux atteint 88,1 %. Les services numériques, notamment l’immatriculation en ligne, la digitalisation des procédures et le guichet électronique des états financiers, figurent parmi les dispositifs les mieux appréciés.
La digitalisation contribue également au renforcement du contrôle fiscal. Les contrôles sur pièces ont progressé de 26 % en 2025, tandis que les montants recouvrés affichent une hausse sensible. Les vérifications générales de comptabilité et les contrôles ponctuels bénéficient désormais d’une meilleure exploitation des données numériques et d’une programmation fondée sur l’analyse des risques.
Malgré ces performances, l’intégration du secteur informel dans le système fiscal reste l’un des principaux défis de l’administration. À travers des outils comme le Système intégré de gestion des impôts du Bénin (SIGIBE), la DGI entend progressivement identifier les acteurs informels afin d’élargir l’assiette fiscale et de renforcer durablement les finances publiques du pays.
RPM