Mali : Moody’s abaisse la perspective de la note souveraine à « négative »

par la rédaction
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L’agence de notation financière Moody’s a annoncé, le 29 mai 2026, l’abaissement de la perspective de la note souveraine du Mali de « stable » à « négative », tout en maintenant sa note d’émetteur à long terme en devises locale et étrangère à Caa2. Cette décision traduit les inquiétudes croissantes de l’agence face à la dégradation de l’environnement sécuritaire et aux risques qu’elle fait peser sur la stabilité institutionnelle et financière du pays.

Selon Moody’s, l’intensification des violences observée ces derniers mois constitue désormais un facteur majeur de vulnérabilité pour l’économie malienne. L’agence évoque notamment les attaques coordonnées menées en avril dans plusieurs régions du pays par des groupes séparatistes touaregs et des organisations jihadistes. Elle estime que cette situation pourrait affecter davantage la capacité de l’État à maintenir le contrôle du territoire et compliquer le retour à un environnement politique plus stable.

Malgré ce contexte, Moody’s a choisi de maintenir la note souveraine du Mali à Caa2 en raison d’une certaine résilience de l’économie. Le pays a enregistré une croissance estimée à 5,6 % en 2025, soutenue par le secteur primaire et les services, malgré les difficultés observées dans le secteur minier et les tensions sur l’approvisionnement énergétique. L’agence prévoit une croissance proche de 5 % par an au cours des prochaines années, sous réserve de l’évolution du contexte sécuritaire.

L’agence souligne également que les finances publiques restent relativement maîtrisées malgré l’augmentation des dépenses de sécurité et de défense. Le déficit budgétaire moyen est resté contenu entre 2023 et 2025, tandis que la dette publique demeure inférieure à plusieurs niveaux observés dans la région. Toutefois, Moody’s relève une réduction importante des financements extérieurs depuis les coups d’État militaires, poussant progressivement Bamako à renforcer son recours au marché financier régional de l’UEMOA pour couvrir ses besoins de financement.

Pour Moody’s, le principal facteur de risque pour la qualité de crédit du Mali réside désormais davantage dans l’incertitude sécuritaire et politique que dans les fondamentaux macroéconomiques eux-mêmes. L’agence indique qu’une nouvelle dégradation pourrait intervenir en cas de poursuite des tensions sécuritaires ou de difficultés accrues d’accès au marché régional de la dette.

FED

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