Burundi a conclu un accord de financement commercial de 100 millions de dollars avec Banque arabe pour le développement économique en Afrique, à l’occasion des Réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, organisées à Washington.
Selon un communiqué de l’ambassade du Burundi aux États-Unis, ce financement doit permettre de soutenir l’accès du pays à plusieurs produits essentiels, notamment le carburant, les médicaments et les engrais. Les échanges entre les deux parties ont également porté sur l’état d’avancement des projets en cours et sur les difficultés rencontrées dans leur exécution, avec la volonté d’en améliorer le suivi et l’efficacité.
Pour les autorités burundaises, cet accord s’inscrit dans une stratégie plus large de mobilisation de partenariats extérieurs afin de soutenir les priorités nationales. Les deux partenaires ont rappelé l’ancienneté de leur coopération, engagée depuis l’adhésion du Burundi à la BADEA en 1975. Le nouveau financement est présenté comme une contribution à la Vision 2040-2060, programme de transformation économique et sociale du pays, avec des effets attendus sur la santé publique, la sécurité alimentaire et les conditions de vie.
L’annonce intervient dans un contexte international marqué par de nouvelles tensions, notamment dans le golfe Persique, qui ont contribué à la hausse des prix du pétrole. Pour une économie fortement dépendante des importations de biens stratégiques, ces évolutions représentent un facteur de fragilité supplémentaire.
Selon l’Institut national de la statistique du Burundi, les engrais minéraux représentaient 15,2 % des importations totales au troisième trimestre 2025, contre 8,7 % pour les produits pétroliers et 3,1 % pour les médicaments. Ces chiffres illustrent le poids des approvisionnements extérieurs dans plusieurs secteurs essentiels.
Parmi les principaux fournisseurs hors du continent africain figurent Chine, Arabie saoudite, Inde et Émirats arabes unis. Cette dépendance expose le pays aux variations de prix, aux tensions géopolitiques et aux perturbations des chaînes logistiques mondiales.
Face à ces contraintes, le gouvernement burundais a engagé depuis 2025 plusieurs réformes budgétaires et institutionnelles visant à renforcer la discipline financière, moderniser la gestion publique et soutenir la stabilité économique. Ces mesures s’inscrivent dans la Vision 2040-2060, avec l’objectif affiché de réduire progressivement la vulnérabilité du pays aux chocs extérieurs.
La coopération entre la BADEA et le Burundi couvre déjà plusieurs secteurs jugés prioritaires, parmi lesquels l’énergie, l’agriculture, les infrastructures et la santé. En 2024, l’institution avait accordé une ligne de financement renouvelable de 50 millions de dollars pour soutenir la sécurité énergétique du pays. Elle avait également approuvé un financement de 118 millions de dollars destiné à la construction d’une route nationale afin de mieux relier Gitega au sud du pays et d’améliorer la connectivité intérieure.